Bienvenue chez les Kiwis

Quand l’aventure reprend, les mots viennent plus facilement ! J’ai encore un gros résumé de la fin de l’Australie à faire (les nombreuses rencontres, les divers boulots, quelques milliers de kilomètres entre Darwin et Sydney, la vente épique de Brook,….) mais profitons de ce nouveau pays et de la reprise des péripéties pour faire un tant soit peu revivre ce blog !

 

La Nouvelle-Zélande n’était pas forcément sur mon plan de route, mon seul but étant, à ce moment de la compétition, de trouver un bateau afin de rejoindre l’Amérique du sud, mais au vu du nombre de marina dans la capitale Australienne, c’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin ! De plus, copain Hugo étant sur place cela faisait une belle opportunité de retrouvaille, let’s go to kiwiland !

Avant de rentrer dans le vif du sujet, deux choses :

– Après un an sans kayak, Hugo avait la pagaie qui le démangeait, à ce titre il me proposa donc une soit disant petite sortie, avant de vous conter une partie du périple et surtout après l’avoir vécu je me suis permis de demander l’avis de kayakistes chevronnés sur un forum.

« Bonjour à tous, je suis débutant en kayak (1 fois la descente de l’Ardèche en canoë) et je rejoins un ami en Nouvelle-Zélande amateur de la discipline. Pourtant assez sportif dans l’âme, j’ai peur que le challenge de mon collègue soit un peu trop grand pour moi, c’est à ce titre que je me permets de demander l’avis à des initiés, il s’agit de la Clarence river, class 2-3 sur 200 km »

 

–  Autre petite question, comment est il possible de boire 4 litres de bières en 2 heures gratuitement ?

 

Les réponses dans la suite de l’article

 

 

 

Tout fraîchement débarqué à Christchurch, quelle joie de retrouver mon partenaire d’aventure ! A peine  monté dans la voiture, tout excité, il me parle déjà d’une expédition de quelques jours sur une rivière, bien que ma confiance en lui soit très réduites quand cela concerne l’eau, naïvement, je dis oui. Un petit entrainement en mer pour tâter la vague, prendre des sensations, voir l’effet que ça fait de se retourner et me voilà prêt pour mon premier trip kayak.

 

 

Débarquement deux jours plus tard à Hammer spring, quel bonheur, il pleut, neige quasiment, ce qui me motivent peu mais vu l’enthousiasme de l’autre barjot, allons-y, jetons nous à l’eau. Une première journée assez courte, juste de quoi prendre ses marques et monter un camp avant la tombée de la nuit, malgré le fait que l’on soit au printemps, il fait froid, je dirais même plus,  Il gèle ! Ca commence bien.

 

 

La deuxième journée est censé être la plus technique, quelques rapides s’enchainent, c’est coriace mais pas insurmontable, jusqu’au drame ! On arrive sur un canyon hyper encaissé et là des vagues monstrueuses surgissent, on peut voir au loin une multitude de passages, la pression monte malgré les mots d’encouragement. Je m’engage dans les méandres, passe les premières lames, puis sans rien comprendre me retrouve la tête sous l’eau, dans un esprit de survie je quitte l’embarcation, m’accroche en essayant de retourner cette dernière et agrippe le kayak d’Hugo en espérant qu’il me sorte de là avant le prochain rapide. Malgré tous ses efforts, rien n’y fait, trop de poids et pas assez de temps, nous voilà embarqué dans une nouvelle série, panique chez Monique, ça remue dans tous les sens, mon sac étanche se fait la malle, je comprends plus rien !

 

Le courant gelé m’entraine toujours, mais mes pieds touchent le sol, je me sépare de mon sauveur afin qu’il parte à la poursuite de mes seules affaires sèches, je rejoins le bord, je suis frigorifié et j’attends. Dix bonnes minutes passent sans nouvelles, les questions commencent à fuser, je vide l’eau de mon kayak et me prépare psychologiquement à repartir. Là, je vois Hugo au loin m’indiquer la ligne à prendre, malheureusement je ferais à peine 20 mètres et me ferais retourner de nouveau, mais cette fois personne pour me secourir, je me souviens pas de tout dans cette session tellement j’ai cru que j’allais crever, la seule chose sure est que j’y ai perdu ma pagaie et qu’il nous reste environ 170 km à effectuer.

 

Que cela ne tienne ! Un morceau de bois, du duc tape et c’est reparti, en gros les 3 jours suivant ne seront que froid, faim, vagues et effort surhumain, je vous passe les détails mais monter un col avec un vélo sans vitesse est un jeu d’enfant en comparaison ! Très clairement pas une de mes meilleures expériences, mais l’une de celles que j’aime bien, car elle te fait relativiser beaucoup de chose.

 

Les réponses sur le forum de Kayak, merci à eux.

 

Revenons-en à la Nouvelle-Zélande, pays froid mais magnifique, des décors splendides, ça fait plaisir, je n’avais pas vu de paysage aussi impressionnant depuis le nord de l’Inde, merveilleux. En Australie, je me plaignais souvent de mes conditions de voyage, trop luxueuse selon moi, le confort du van faisait que je me sentais comme un vieux en camping car, j’avais vraiment besoin d’aventure, j’étais en manque de sensation. Selon moi, une seule solution : être à l’arrache ! Y’a rien de mieux  pour te sentir vivant et apprécier chaque petit détail anodin. Aussitôt dis, aussitôt fait, les joies du déplacement en auto-stop, les belles nuits gelées à dormir dehors, waouh, j’ai l’impression de renaître.

 

Le moyen le plus simple pour découvrir les autochtones, reste de monter dans leurs voitures, parfois ils se transforment en guide, parfois en potes et constamment en bon samaritain, que du bonheur ! Je ne compte plus les bières, les pétards, les repas et les nuits qui m’ont été offerts, sans parler des kilomètres effectués et des rires échangés. Beaucoup de bonnes âmes m’ont pris sur le bord de la route, mais si j’avais à retenir un véhicule en particulier, c’est ce mini bus qui m’a pris au milieu de nulle part.

 

Aucun véhicule depuis 20 minutes, tu commence á douté dans cette campagne profonde. Là un van  passe, mais ne s’arrête pas, merde, comment fais-je me sortir de cette galère ? Puis, au loin, tu vois le convoi faire demi-tour jusqu’à toi et sept gars en descendre, un enterrement de vie de garçon ! Pas le temps de poser ton sac à l’intérieur, tu te retrouve avec une bière et l’ordre de la boire direct ! Du coup, j’ai passé quasi 24 heures avec eux, à me déguiser, boire des bières à l’entonnoir, rigoler, reboire à chaque pub qui nous sépare de la destination final, manger, puis reboire, me faire inviter à dormir à leur chalet. En remerciement, je leur prépare le ptit déj’ du lendemain et tout content, ils m’amènent faire un golf en leur compagnie avant de les quitter, c’était un peu beauf’ land mais un beau souvenir.

Je ne cite qu’eux mais chaque voiture a été sujette à anecdote, gentillesse, aide et bonne humeur, ils sont vraiment chaleureux ces kiwis, merci à eux.

 

un pecheur m'accueillant pour la nuit sur son bateau

 

Baste, revenons-en à ma présence dans ce pays, trouver un moyen de locomotion pour l’Amérique du sud et sur une ile quoi de plus approprié qu’un bateau ! Les ports marchands, les compagnies de fret, les marinas, tout y passe, sans relâche j’écume chaque recoin de ce pays qui abrite des embarcations. J’ai clairement compris qu’il ne fallait pas compter trouver une solution du coté des navires marchands, du coup, je tape aux portes des ports de plaisance à la recherche d’un voilier, mais là aussi, je me confronte à de grosses difficultés, beaucoup de capitaine me répètent en boucle : ‘’Soit t’es fou, soit stupide’’.

 

Ils me chantent tous le même refrain pour plusieurs motifs, l’un d’entre eux, est que sur les plus de 5000 bateau présent en Nouvelle-Zélande, il y en a moins d’une dizaine (hors commerciaux) qui feront la traversée, dont la moitié réservés à des études océanographiques, en gros pas grand monde.

En fait, si peu de navires partent dans cette direction, c’est dû au fait que le passage de Drake (contournement du cap Horn*) est la partie navigable la plus difficile et dangereuse au monde. Beaucoup de marins d’expérience ne s’y frotterais pas, alors pourquoi moi ? Surement un peu de folie, une confiance aveugle en mon futur capitaine, l’opportunité de réaliser une expérience humaine, sportive, personnelle,… unique en son genre, une sorte de mélange de tout ça. Malgré que mes chances soit extrêmement faibles, je ne perds pas espoir, d’autres alternatives sont en stock mais je ne préfère pas y penser et me focaliser sur ma tache. J’ai déjà réussit à mettre un pied dans le milieu maritime, ce n’est pas maintenant que je vais lâcher l’affaire, je sais que cela est possible, je suis dans le bon créneau pour les dates de départ, dans le bon quartier, je fais de bonnes rencontres, je m’en remets aujourd’hui à ma bonne étoile en espérant que ce chapitre soit écrit dans ma destinée, will see.

 

 

Le cap Horn et le passage de Drake par Wikipédia

 

Pour compenser le manque de photo de l’article (j’ai flingué mon appareil en Australie), une petite vidéo.

 

Comments ( 4 )

  1. ReplyCharles

    Tu vends du rêve mon Micky! Je souhaite vraiment que tu trouves bateau à ton pied. La bise

  2. Replyfrog masta

    yop !! cool de te lire mick .. c'est pas une petite traversée ton projet ! pourvu que ca marche :)

  3. ReplyJean-Wich

    Entre passer ton temps le cul dans l'eau avec les poissons gays de la Clarence River et jouer les stripteaseuses dans un van de mâles en rut, je ne savais pas que ta soif d'aventures salaces était à ce point exacerbée. Je n'irai pas jusqu'à te traiter de PD mais presque (je pense que d'autres s'en chargerons ^^) Aussi, tu es encore plus geek que moi si tu empruntes le passage de Drake, l'illustre ancêtre de Nathan Drake, le non moins illustre héros du jeu Uncharted. Mais attention Mick, il n'y a pas de trophée platine à décrocher. Toujours quelques fautes mais le style est bon, on va finir par arriver à lire quelque chose de potable sur ce blog.  Tout ça pour dire que je suis ravi de te lire. La bise au passage.

  4. ReplyYVONNE

    bonjour Mick dès que j'ai vu BIENVENUS CHEZ LES KIWIS, j'ét ais très contente, seulement en lisant la suite l'angoisse et les larmes sont venues (fontaines de Versailles) pensent à ceux qui t'aiment, ne fais donc pas d'imprudence (comme te dis ton copain J.Wich rien à décrocher) trop dangereux , en mer il n'y a pas de malin........... prend l'avion et donne moi une adresse fixe pour recevoir un petit colis de NOEL, ce sera plus sage. nous t'embrassons

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