Nam Ou Expédition – Episode 2 – De Hat Sa à Samphan

Barque chargée, équipage motivé, coups de rame enthousiaste, nous voilà partis fleurs au fusil, heureux comme des gosses . Joie de courte durée, vite remplacée par la peur, seulement 300 mètres après Hat Sa, derrière le premier virage à droite, un des plus gros rapide de l’expédition, passé sans encombre avec mon amie tétanie (à ne pas confondre avec Stéphanie) . Direct dans le bain ! C’est parfait, mais faudrait quand même pas finir à l’eau !? Ce fût une courte après-midi de navigation, installation d’un joli camp sur une plage oblige . Préparation des lits, gros feu de bois, nos premiers poissons (and the winner is :  »Labréche »), bref belle mise en place pour la nuit, mais au fait ?! Y’a des bestiaux dans le coin ? Je sais pas ! Je pense pas ! On va dire non !

 

Y’en a pas eu cette nuit là, mais le doute à bien pourris notre sommeil, ainsi que les insectes qui étaient présent dans nos matelas en feuilles de bambou (belle merde!). Que cela ne tienne, un bon p’tit déj’ au riz (belle merde aussi) et ça repart, un seul impératif : s’arrêter au prochain village pour racheter des vivres, en espérant que ce dernier soit accessible dans la journée. Et ce fût le cas ! Accueil assez froid, peut-être dû à notre arrivé en mode conquistador ou tout simplement parce qu’ils en avaient rien à foutre de nous ? Mais malgré les prix exorbitants annoncés, on se charge de riz, bananes et nous faisons l’acquisition d’une poule ! Fier comme des coqs, nous voilà repartis à l’aventure, malheureusement pas le temps de donner un nom à notre mascotte (et repas du soir), un mauvais choix de trajectoire dans le rapide suivant, une première vague m’expédie le bestiaux sur mes genoux, deux secondes plus tard, une deuxième m’éjecte de mon siège, trois secondes après, un ordre du capitaine Trémolo :  »faut sauter les gars, on coule ! », je me marre, me retourne, on coule vraiment PUTAIN !, tout le monde s’exécute, à essayer de tirer la barque gorgée d’eau sur le bord, une rame qui s’échoue, un écopeur, suivit de notre ami gallinacé…

Hugo pars à la nage récupérer ce qu’il peut pendant que nous vidons la pirogue avec l’aide d’un pêcheur, qui nous fera comprendre d’ailleurs, dans un style à la Titi, qu’il fallait prendre à gauche et qu’on étaient trop cons, merci mec . Cocotte est morte et sa noyade lui a tendu ses p’tits muscles, ce qui nous donneras un repas assez élastique. Mais il en faut plus que cela pour stopper notre descente ! Dès le lendemain nous reprenons les rames, sauf que nous commençons à avoir une certaine coordination, on le ressent direct ! La cadence est bonne, les passages de rapides eux aussi sont meilleurs, le plaisir de naviguer débute, des vrais moussaillons .

Une journée intéressante avec des parties techniques et pas mal de kilomètres au compteur, tellement heureux de pagayer sans cesse qu’on finit par s’arrêter un peu tard ce jour là, une belle plage, un énorme nuage gris, faudrait peut-être penser au bivouac ? Stopper sur la berge, quelques éclairs qui se rapprochent et une grosse interrogation nous prends . Pas de tente, pas de bâche plastique, si il pleut, on fait quoi les gars ? Ben on a qu’a faire une cabane comme dans Koh-lanta, sauf que nous n’avons que 30 minutes avant la tombée de la nuit ! 2 équipes se forment rapidement, Hugo/Nico dans la fabrication de la structure à base de fil de pêche et de rames, Pierrot/Moi et les sangsues dans la jungle afin de couper des feuilles de bananier, la pression augmente au fur et à mesure que la masse nuageuse se rapproche ! Abri de fortune terminé, pompeur de sang enlevé (saloperie), la pluie débute, nous nous réfugions tel des pros du tétris sous cette tente improvisée, en priant que le débit ne s’accentue pas car sinon tout lâche . Heureusement, le déluge ne durera qu’une demi-heure, sinon on était vraiment mal ! L’avantage est qu’on avait tellement stressé pour la flotte, qu’on en a oublié les animaux sauvages, donc nuit humide mais agréable.

Ecopage matinal réalisé (chaque réveil, nous retrouvions la barque avec 200 litres d’eau minimum à l’intérieur), nous entamons notre 4éme jour d’expédition, arrêt dans la journée dans un chouette petit village pour se faire offrir notre déjeuner au menu du riz, du poisson et des oeufs, à peu près comme tous les repas mais en délicieux cette fois ci, cette hospitalité nous reconditionne suffisamment pour avaler les kilomètres . D’ailleurs, au bout d’un moment, les hameaux laissent place à des endroits un peu plus conséquents, y’a des moteurs ? y’a peut-être des shops avec autre chose que du riz ? Effectivement, au fur et à mesure de notre progression, on trouve des traces de civilisation un peu plus avancée et là débute les rêves les plus fou,  »Hé, imaginez y’a de la soupe ! »,  »encore mieux, pourquoi pas une bière »,  »et un lit tant que t’y es ! », et quelques coups de pagaye plus loin, nos désirs primaires furent exaucés.

Samphan la première mini-ville depuis Phongsaly, une frénésie d’occidentaux consommateur nous prends, les restos ont rarement vu des gens mangés autant (on fait le plein d’énergie car on sait que c’est pas tout les jours la fête), rachat de cigarettes car une partie des nôtres avait coulée, quelques bières fraîches pour se récompenser des efforts fournis et surtout un vrai lit dans la seule guest-house de la ville, enfin un moment de repos digne de ce nom et cette halte était indispensable pour recharger correctement les batteries.

Arrêt salutaire qui va nous permettre d’appréhender les mini cascades situé après la ville (grâce aux informations des locaux), on aurait pas stoppé dans cette bourgade, on courait à notre perte dans les prochains rapides, mais la route est encore longue…

Comments ( 2 )

  1. ReplyPtite Couchtot

    Coucou l'oncle, je vois que tout se passe bien que sa continue. Gros bisous découvre encore plein de nouvelle et belle choses.

  2. ReplyLa bourge

    Ca fesait qq tps que j'étais pas venu te lire et franchement c'est toujours un grand plaisir de voir tous ce que tu vis ça fais rêver et en plus tu le raconte super bien... Continue à t'éclater!!! la Bise

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